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Filière stratégique

Le Sahara : un gisement solaire à l'échelle mondiale

Avec plus de 3 000 heures d'ensoleillement annuel et un programme national de 15 GW à l'horizon 2030, l'Algérie est l'une des géographies les plus structurantes au monde pour les énergies renouvelables. Swiss Green Invest SA accompagne les capitaux qui veulent s'y positionner.

Vue d'ensemble

Un potentiel exceptionnel, un cadre fiscal porteur

Étendue saharienne de plus de 2 millions de km², irradiation parmi les plus élevées au monde, programme national volontariste, secteur prioritaire au sens de la Loi n° 22-18 sur l'investissement : les conditions structurelles sont réunies pour un déploiement massif des ENR. Pour les capitaux étrangers, c'est l'un des case studies les plus solides du sud de la Méditerranée.

3000
heures de soleil/an (min.)
3900
heures dans le Sahara
15
GW d'ENR visés en 2030
10
ans d'exo. IBS max.
Données techniques

Le gisement solaire algérien en chiffres

Sources : Ministère de l'Énergie et des Mines (Algérie), Banque mondiale (Global Solar Atlas), Commissariat aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique (CEREFE), KPMG Algérie 2026.

Durée d'ensoleillement

3 000 à 3 900 heures/an

La durée annuelle d'ensoleillement varie entre 3 000 heures sur les hauts plateaux côtiers et 3 900 heures dans les régions sahariennes (Tamanrasset, Adrar, Tindouf, Illizi). À titre de comparaison, l'Allemagne plafonne autour de 1 600 heures et l'Espagne autour de 2 800 heures. C'est l'un des plus hauts niveaux d'irradiation au monde.

Irradiation globale

Plus de 5 kWh/m²/jour

L'irradiation globale horizontale (GHI) dépasse 5 kWh/m²/jour sur la majorité du territoire et culmine à 7 kWh/m²/jour dans le Grand Sud. Cette ressource permet des facteurs de capacité photovoltaïques exceptionnellement élevés (typiquement 24 à 28 %, contre 15 à 18 % en Europe), avec un impact direct sur le LCOE des projets.

Surface mobilisable

2 millions de km² de désert disponibles

Le Sahara algérien représente une étendue continue de plus de 2 millions de km², soit l'équivalent de la France, l'Allemagne et l'Espagne réunies. Une fraction infime de cette surface — quelques centaines de km² — suffirait théoriquement à produire l'équivalent de la consommation électrique nationale. La disponibilité foncière n'est donc pas un facteur limitant, contrairement à l'Europe.

Potentiel éolien complémentaire

Vents soutenus à l'ouest et au sud

Au-delà du solaire, certaines régions (Adrar, Tindouf, Tiaret, Naâma) présentent un potentiel éolien avec des vitesses moyennes supérieures à 6 m/s. L'hybridation solaire + éolien est étudiée dans plusieurs schémas de production, et complète la stratégie ENR pour la modulation jour/nuit et la régularité de la production.

Géothermie & biomasse

Filières complémentaires en émergence

Le Nord-Est algérien dispose de gisements géothermiques identifiés (Hammam Meskhoutine), tandis que l'agriculture intensive du nord et les déchets urbains soutiennent des projets biomasse et biogaz. Ces filières restent encore embryonnaires mais s'inscrivent dans le périmètre éligible aux incitations de la Loi 22-18.

Hydrogène vert

Axe émergent vers l'export Europe

La combinaison ressource solaire massive + proximité géographique avec l'Europe + infrastructures gazières existantes (gazoducs Medgaz et Transmed) fait de l'Algérie l'un des candidats sérieux à un rôle d'exportateur d'hydrogène vert à l'horizon 2030-2040. Plusieurs études de préfaisabilité ont déjà été engagées avec des partenaires européens.

Programme national

15 GW d'énergies renouvelables à l'horizon 2030

L'Algérie a réaffirmé un objectif ambitieux : porter à 15 GW la capacité installée d'énergies renouvelables d'ici 2030, pour couvrir une part significative de la demande domestique et libérer le gaz naturel pour l'export. C'est le cadre qui structure les appels d'offres et les opportunités d'investissement.

Objectif global

Cap des 15 GW d'ici 2030

La feuille de route actualisée des énergies renouvelables fixe un objectif de 15 000 MW installés à horizon 2030, dont une part majoritaire en photovoltaïque utility-scale. Cette capacité représenterait environ 27 % du mix électrique algérien — une mutation profonde du système énergétique national.

Programme Solar 1000

Premier appel d'offres national PV

Le programme Solar 1000 MW (lancé en 2021) constitue le premier grand appel d'offres national photovoltaïque structuré, réparti en lots régionaux dans le Sud et les Hauts Plateaux. Il a posé les fondations d'un mécanisme reproductible pour les tranches suivantes qui doivent porter la capacité à 15 GW. Plusieurs consortiums internationaux y participent.

Modèle IPP

Producteur indépendant d'électricité

Le modèle IPP (Independent Power Producer) — projet porté par une SPV, contrat d'achat d'électricité (PPA) avec l'opérateur national, financement par dette projet bancable — est désormais opérationnel en Algérie. Les PPA long terme (15 à 25 ans) en dinar algérien indexé sont le socle économique des montages, et l'arbitrage convention Suisse-Algérie renforce l'attractivité pour les sponsors étrangers.

Sonelgaz & SKTM

Acteurs publics structurants

Sonelgaz (production, transport, distribution) et sa filiale SKTM (Société algérienne de production d'électricité à partir des énergies renouvelables et systèmes électriques des sites isolés) sont les acteurs publics centraux. Ils opèrent la majorité des sites isolés du Sud et contractent les PPA des projets renouvelables. Toute thèse d'investissement ENR en Algérie passe par une compréhension fine de cet écosystème.

Autoconsommation & toitures

Segment commercial et industriel

En parallèle de l'utility scale, le segment C&I — commercial et industriel (toitures de zones industrielles, centres commerciaux, exploitations agricoles) émerge, porté par la baisse continue du coût du PV et par la volonté de sécuriser le coût électrique. Ce segment, moins capitalistique, offre des fenêtres d'investissement à durée plus courte que les grands projets utilitaires.

Mini-réseaux & sites isolés

Hybridation diesel-PV au Grand Sud

Les centaines de sites isolés du Grand Sud — opérés historiquement au diesel — connaissent un programme de conversion vers des solutions hybrides diesel-PV-stockage. C'est un terrain d'investissement spécialisé, à fort impact carbone, avec des paramètres techniques bien définis (puissance unitaire, profil de charge, logistique).

Régime fiscal ENR

Loi 22-18 : ENR = secteur prioritaire

Les énergies renouvelables figurent explicitement parmi les six filières prioritaires au sens de la Loi n° 22-18 du 24 juillet 2022. Combinées au régime des zones d'intérêt particulier (Hauts Plateaux, Sud, Grand Sud), elles bénéficient du cadre fiscal le plus avantageux du dispositif algérien.

Régime secteurs prioritaires

Exonération IBS 3 à 5 ans

En phase d'exploitation, un projet ENR éligible au régime des secteurs prioritaires bénéficie d'une exonération d'IBS de 3 à 5 ans selon la grille d'évaluation appliquée par l'AAPI (Agence Algérienne de Promotion de l'Investissement). Cette grille tient compte de la création d'emplois directs, du transfert technologique et de l'intégration locale.

Régime zones d'intérêt particulier

Sud & Grand Sud : IBS 5 à 10 ans

Pour les projets implantés dans les Hauts Plateaux, le Sud ou le Grand Sud — précisément les zones où l'irradiation est la plus élevée — l'exonération IBS est portée à 5 à 10 ans. C'est le cadre fiscal le plus favorable, et il s'applique de fait à la quasi-totalité des projets PV utility-scale algériens.

Phase de réalisation

Droits de douane et TVA exonérés

En phase de construction : exonération de droits de douane sur les modules photovoltaïques, structures, onduleurs et équipements importés intégrés à l'investissement ; franchise de TVA sur biens et services ; exonération des droits d'enregistrement et de mutation ; exonération de la taxe foncière pendant 10 ans. Combinés, ces dispositifs allègent matériellement le CAPEX initial.

Régime investissements structurants

Au-delà de 10 Mds DA et 500 emplois

Les projets dépassant 10 milliards DA d'investissement et créant 500 emplois directs peuvent relever du régime structurant : exonération IBS 5 à 10 ans + prise en charge possible par l'État des aménagements et infrastructures (routes d'accès, raccordement réseau, viabilisation). Ce régime cible naturellement les très grands champs PV et les projets d'export d'électricité ou d'hydrogène vert.

IBS standard

Taux applicable post-exonération

À l'issue de la période d'exonération, le projet bascule sur le taux d'IBS standard : 26 % pour la vente d'électricité (services), 19 % pour les segments de production manufacturée locale de composants. Un taux réduit à 10 % s'applique sur les bénéfices réinvestis dans des activités manufacturières — un levier utile pour l'intégration verticale.

Structuration suisse

Convention Suisse-Algérie

La convention bilatérale Suisse-Algérie de non double imposition abaisse les retenues à la source : dividendes 5 % ou 15 % (selon seuil de détention) vs 15 % standard, redevances 10 % vs 30 %. Combinée à la stabilité juridique helvétique pour le pacte d'actionnaires et le financement, cette structuration Suisse holding → SPV algérienne est la plus efficiente pour un sponsor étranger sur le marché ENR algérien.

Acteurs et appels d'offres

Comment se positionner sur le marché

L'écosystème ENR algérien combine acteurs publics structurants, opérateurs privés émergents, EPC internationaux et bailleurs multilatéraux. Comprendre cette cartographie est la première étape de toute thèse d'investissement.

Ministère de l'Énergie et des Mines

Stratégie nationale et appels d'offres

Le Ministère de l'Énergie et des Mines définit la stratégie nationale ENR, fixe la trajectoire de capacité installée et pilote les programmes d'appels d'offres en lien avec le CEREFE (Commissariat aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique). C'est l'interface stratégique pour positionner un projet d'envergure.

CREG

Régulateur de l'électricité et du gaz

La Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz (CREG) est l'autorité indépendante chargée de la régulation, des autorisations d'exploitation, et du contrôle des tarifs. Toute opération IPP en Algérie passe par les autorisations CREG, qui suit également la conformité des PPA et des conditions de raccordement.

Sonelgaz & SKTM

Off-taker public et opérateur réseau

Sonelgaz, par sa filiale SKTM et ses sociétés de transport (GRTE) et distribution, est l'off-taker naturel des projets ENR utility-scale et l'opérateur du réseau de raccordement. La signature d'un PPA avec Sonelgaz/SKTM est l'événement clé de la chaîne de bancabilité d'un projet algérien.

AAPI

Guichet unique de l'investissement

L'Agence Algérienne de Promotion de l'Investissement (AAPI) centralise les démarches au sens de la Loi 22-18 : enregistrement de l'investissement, attribution du régime fiscal (secteurs prioritaires, zones d'intérêt particulier, structurant), suivi des engagements. C'est le point d'entrée administratif pour activer les exonérations.

EPC & intégrateurs

Acteurs industriels et nationaux

Le tissu EPC algérien combine des intégrateurs nationaux (notamment ENIE, filière modules à Sidi Bel Abbès) et des EPC internationaux mobilisés sur les grands programmes. Pour un sponsor étranger, le choix EPC est un levier majeur de bancabilité et d'intégration locale — souvent imposée à hauteur d'un certain pourcentage par les cahiers des charges.

Bailleurs et finance climat

Banque mondiale, BAD, AFD, KfW

Les bailleurs multilatéraux et bilatéraux (Banque mondiale, Banque africaine de développement, AFD, KfW, BERD, BEI) sont actifs sur les programmes ENR algériens, soit en garantie de PPA, soit en cofinancement dette projet. La finance climat (Green Climate Fund, fonds carbone) ouvre des couches de financement complémentaires pour les projets éligibles MRV.

Cas d'investissement étranger

Structurer une thèse ENR Algérie

Pour un sponsor étranger, structurer un investissement ENR en Algérie demande une articulation entre véhicule suisse, SPV algérienne, partenariat local, PPA et financement projet. Voici les points clés.

Architecture juridique

Holding suisse → SPA / SARL algérienne

Le montage de référence combine une holding suisse (SA ou Sàrl) détenant majoritairement une SPA ou SARL algérienne dédiée au projet (SPV). La holding suisse capte les flux de dividendes via la convention bilatérale et la SPV algérienne porte les actifs, le PPA, les autorisations CREG et les avantages Loi 22-18.

Partenariat local

Articulation 51/49 et exceptions

La Loi 22-18 a levé la règle 51/49 dans la plupart des secteurs hors stratégiques. Pour les ENR, le sponsor étranger peut détenir une participation majoritaire ; un partenariat avec un acteur local reste néanmoins fortement recommandé pour la lecture des dossiers AAPI/CREG et la coordination avec Sonelgaz. Swiss Green Invest SA articule cette double présence depuis Genève et Alger.

Bancabilité

PPA, garanties et devise

La bancabilité d'un projet ENR algérien repose sur : la solidité du PPA long terme avec Sonelgaz/SKTM, la mécanique d'indexation ou de conversion devise (le PPA est généralement libellé en DZD avec indexation), et la structure de garanties souveraines selon le programme. Les bailleurs multilatéraux peuvent compléter par des garanties partielles de risque (MIGA, ATI).

Réinvestissement

Obligation 30 % et options éligibles

La Loi de finances 2023 impose le réinvestissement de 30 % des avantages fiscaux dans la limite de 30 % des bénéfices. Pour un projet ENR, les options éligibles incluent : acquisition d'actifs productifs additionnels, prise de participation dans une autre société de production ENR, prise de participation dans une start-up labellisée ou incubateur — un mécanisme qui favorise l'écosystème greentech local.

Diligence raisonnable

12 à 24 mois avec un partenaire neuf

Pour un sponsor étranger qui débute sur le marché, la phase de structuration (choix de forme juridique, négociation actionnariale, dossier AAPI, ouverture bancaire en DZD, agréments CREG, négociation PPA) prend généralement 12 à 24 mois. Une participation aux côtés d'un actionnaire de droit algérien déjà structuré, comme Swiss Green Invest SA, raccourcit drastiquement ce parcours.

Sortie et liquidité

Refinancement et marché secondaire

Les options de sortie sur projet ENR algérien incluent : refinancement long terme dette/quasi-equity à la mise en service, cession partielle ou totale à un infrafund international (en plein développement sur l'Afrique), cession à un acteur industriel intégré. Le transfert libre du capital et des produits de cession garanti par la Loi 22-18 est un point essentiel pour la planification de sortie.

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